top of page

La force des accords amiables réaffirmée, l’importance d’une négociation solide aussi: Bien négocier son accord

  • Photo du rédacteur: nathalie jay
    nathalie jay
  • il y a 4 heures
  • 3 min de lecture
négocier un accord sécurisé pour sortir d'un litige: choisissez le meilleur avocat

Qu’il soit pris dans un procès ou qu’il fulmine encore seul face à l’injustice, le citoyen dispose objectivement de plusieurs outils de sortie de crise.

La saisine d’un tribunal en est une, assurément difficile, parfois victorieuse, souvent décevante : elle reste très utilisée. La renonciation en est une autre, qui appartient à chacun, s’il en a le choix.

L’éventail des outils de l’amiable est une voie alternative qui a le vent en poupe. Les avocats et les chefs d’entreprise connaissent la négociation qui aboutit à la signature d’un accord, qu’ils pratiquent depuis longtemps par gain de temps, d’argent et parce qu’il vaut toujours mieux discuter que de s’en remettre à un système judiciaire trop lent pour les affaires, sauf quelques exceptions stratégiques.

Cette négociation s’est enrichie depuis plusieurs années de la médiation, qui permet de s’aider d’un tiers pour discuter dans un climat sécurisé, confidentiel et plus serein, le médiateur pouvant contribuer à libérer des mécanismes bloquant les avancées.


Le droit a encadré depuis longtemps la valeur de cet accord à travers la transaction, dont les règles sont inscrites au code civil, pour lui conférer parfois une force équivalente à celle d’une décision judiciaire… A la condition d’être correctement rédigé.

La médiation permet souvent d’éteindre plus durablement les conflits, parce qu’ils auront été travaillés en amont de l’accord. Mais dans les autres cas, il pourrait être tentant de revenir sur l’accord conclu, soit parce qu’il a laissé une amertume qui n’a pas été traitée, soit parce que les intérêts ont bougé.

Correctement rédigée, la transaction fera obstacle à toute remise en cause ultérieure, ce qui devrait pousser les parties à être également extrêmement vigilantes à la qualité des pourparlers.


C’est sur ces deux axes que la transaction peut être contestée.

Un accord mal pensé pourrait révéler une absence de concessions réciproques en premier lieu : Il serait dans ce cas écarté pour permettre de nouvelles revendications : un accord qui ne contient aucune renonciation n’est pas un accord, mais une simple reconnaissance d’un droit, qui ne peut pas éteindre d’autres droits.

En second lieu, le consentement, qui constitue le socle du contrat, peut être insuffisant à former l’accord ; si une partie a été volontairement trompée, ou a accepté de signer en se trompant, l’accord sera écarté et de nouvelles revendications seront possibles. La preuve de l’absence de consentement est souvent difficile.


Dans cet arrêt du 13 mai 2026 (Com. 13 mai 2026, n° 24-20.159), l’agent commercial avait accepté la signature d’une transaction lui octroyant une indemnité suite à la rupture du contrat par son mandant. Il tentait de faire admettre que la transaction n’était pas valablement conclue, parce que son mandant ne lui aurait pas donné les chiffres lui permettant de connaitre le montant de son droit à commission, ce qui l’aurait amené à accepter une indemnité moindre.

Il invoquait par ailleurs la protection de l’ordre public qui imposait au mandant de lui donner cette information créant ainsi un droit à commission auquel il n’avait pas pu renoncer puisqu'il l'ignorait : il ne pouvait transiger que sur les droits acquis dont il connaissait la valeur.


La cour de cassation refuse l’argument et protège la force de l’accord :

Elle rappelle sa règle selon laquelle, "s’il est interdit de renoncer, par avance, aux règles de protection établies par une loi d’ordre public, il est en revanche permis de renoncer aux effets acquis de telles règles (Civ. 1re, 17 mars 1998, n° 96-13.972)" : Une fois le droit né, ce qui est le cas après la rupture du contrat, l’agent commercial, une partie protégée peut valablement renoncer à son droit par transaction.

Et va ensuite plus loin en retenant qu’il est possible de transiger même si une partie ne peut pas chiffrer ce droit et la valeur de cette renonciation : "Aucun principe n’exige que les parties à une transaction, fût-ce dans un domaine soumis à une loi d’ordre public, connaissent précisément à l’avance les sommes susceptibles de leur être versées."

Le consentement n’est pas vicié si une partie renonce à un droit d’ordre public s’il est né, mais ne peut pas être chiffré.


L’accord trouvé après négociation était manifestement parfaitement rédigé et protégeait le mandant. Cette information aurait pu (du) être réclamée par l’agent pendant les négociations, pour venir contrebalancer les intérêts et besoins en balance.

Bien négocier son accord, c'est une négociation préparée, organisée et encadrée pour que l’accord à conclure soit pleinement équilibré et définitif.


Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.

JAY Avocats EI- avocat saint pierre (Réunion)

© 2019 par Nathalie JAY

En vertu de l’article L. 152-1 du Code de la Consommation.
Tout consommateur (personne agissant en dehors du cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale ou libérale) a le droit de recourir gratuitement à un médiateur de la consommation en vue de la résolution amiable des litiges de nature contractuelle portant sur l’exécution d’un contrat de fourniture de services. En cas de persistance d’un litige malgré une réclamation écrite amiable préalable directement adressée à notre cabinet, le consommateur peut saisir le médiateur de la consommation national près le Conseil National des Barreauxl, soit par internet, depuis son site, soit par lettre simple adressée au médiateur national (CNB 22 rue de Londres, 75009 Paris)

  • White LinkedIn Icon

Nathalie JAY EI avocat à Saint Pierre (Réunion)

73 rue François de Mahy 97410 Saint Pierre

Tél : 0262 262 262

Données personnelles: vous reporter aux mentions légales

bottom of page